Séminaire Faire collection 2025-2026

Construire collectivement une réflexion sur les collections, au fil de séances partagées

Le séminaire 2025-2026 de Faire Collection est organisé en trois demi-journées (14-17h) au cours de l'année 2025-2026.

Chaque séance sera organisée en 3 temps : une conférence ; un retour sur un chantier de recherche en cours financé par le GPR ; une discussion collective autour d’une thèse transversale à nos recherches.
 

Séance 3
Vendredi 12 juin 2026 de 14 h  à  17 h

Quand les collections font héritage. Objets, œuvres et savoirs réinvestis

Émilie d’Orgeix (EPHE-PSL) 

Cette troisième séance du séminaire du Grand Programme Faire collection portera sur les processus de réinvestissement des collections de bibliothèques et cabinets de dessins d’institutions d’enseignement. Elle sera étayée par la présentation de trois initiatives en cours ou récemment achevées. La première est le projet « Bibliothèques et musées en Suisse au XVIIIe et XIXe siècles : une histoire parallèle » qui explore le legs des bibliothèques patrimoniales helvétiques où livres, objets, instruments scientifiques, monnaies, spécimens naturels et curiosités ont participé de la construction d’un même univers de savoir. La deuxième est l’exposition « Code Chimère. Les objets du savoir » qui éclaire la manière dont bibliothèques et cabinets de curiosités neuchâtelois ont contribué à la naissance des musées et à la science moderne. La troisième, enfin, est l’exposition « Après Michel-Ange », prolongée par une journée d’étude, qui a approfondi l’empreinte durable de Michel-Ange à travers la présentation de dessins et de copies du fonds du cabinet de dessins de l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris et de travaux contemporains d’élèves. 
À travers ces trois exemples, il s’agira d’interroger la manière dont œuvres graphiques et objets peuvent être réinvestis et acquérir un nouveau sens lorsque intégrés dans d’autres collections, présentés dans des expositions ou prolongés par des créations artistiques contemporaines. L’ambition en sera ainsi de saisir ce que ces réinvestissements font apparaître : l’histoire des institutions qui ont conservé ces ensembles, les usages pédagogiques ou savants dont ils gardent la trace et les renouvellements qu’ils rendent possible. 

Valérie Kobi (Université de Neuchâtel).  Projet « Bibliothèques et musées en Suisse au XVIIIe et XIXe siècles : une histoire parallèle »

Cabinets de curiosités et objets sont constitutifs des bibliothèques d’Ancien Régime. Dès le XVIIe siècle, l’interaction entre livres et objets a constitué un enjeu bibliothéconomique primordial. Monnaies, médailles, instruments scientifiques, spécimens et exotica ont dialogué avec les livres, nourrissant le projet de connaissance encyclopédique de la bibliothèque. Artefacts et échantillons naturalistes compris, tout à la fois, comme ornements, illustrations et compléments du savoir livresque ont mis en scène la confrontation entre le discours écrit et sa transposition dans la matière. Progressivement dissociés des bibliothèques, après la Révolution française, ces collections ont souvent acquis un statut muséal. En se fondant sur l’exemple helvétique, ce projet questionne les enjeux de ces dynamiques institutionnelles, scientifiques, économiques et politiques tout en cherchant à dégager des pistes de réflexion interdisciplinaire pour repenser les paradigmes de l’histoire des collections.

Lee Chonja (Université de Neuchâtel). Présentation de l’exposition « Code Chimère. Les objets du savoir », galeries de l’histoire des Archives de la Ville de Neuchâtel, octobre 2027 - juin 2028.

L’exposition « Code Chimère. Les objets du savoir » est consacrée à la fabrication historique des connaissances à partir des collections patrimoniales neuchâteloises. À travers la présentation d’instruments scientifiques, de spécimens naturels, d’objets ethnographiques, de livres et d’archives, l’exposition explore la manière dont bibliothèques et cabinets de curiosités ont contribué à la naissance des musées et de la science moderne. La figure de la chimère, objet ambigu entre nature, artefact, croyance et démonstration, sert de fil conducteur de l’exposition pour analyser les frontières entre savoir, imagination, preuve et crédulité. L’exposition développe ainsi une véritable archéologie du savoir, attentive aux gestes de collecte, de classement, de description, de circulation et de légitimation des objets.  

Alice Thomine-Berrada (Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts). Présentation de l’exposition « Après Michel-Ange », Cabinet des dessins et estampes - Jean Bonna (ENSBA), 24 mars 2026 - 24 mai 2026. 

Après L’exposition « Après Michel-Ange », prolongé par une journée d’étude sur la copie, organisée à l’Ecole des Beaux-Arts au printemps 2026, a rassemblé une quarantaine d’œuvres – dessins, estampes, photographies, sculptures – issues des collections de l’Ecole qui révèlent les diverses manières dont le « divin » Michel-Ange a été étudié, copié, regardé ou réinterprété depuis la Renaissance, et particulièrement au XIXe siècle, par Géricault, Carpeaux ou encore Rodin. Elle se fonde sur l’exploration de la place particulière que détient Michel-Ange dans le panthéon des grands artistes, dont l’œuvre, unanimement admiré et fondé sur une originalité inédite, résiste à ceux qui y cherchent l’exemplarité. Le parcours a été enrichi par des œuvres réalisées pour l'exposition par les étudiants de neuf enseignants de l’ENSBA qui se sont rassemblés autour de ce projet. 

Lieu : 
Amphi du Mûrier, 
14, rue Bonaparte, 
75006, Paris 



Entré libre, sans inscription.
Séance 2
Vendredi 27 mars 2026 de 14 h  à  17 h

Bruno Strasser (Université de Genève) - Une histoire des collections comme lieux de production des savoirs

L’histoire de la production des savoirs à partir de collections, du début de l’époque moderne à nos jours, se distingue de celle des autres modes de production des savoirs scientifiques et savants. L’étude des collections repose en effet sur des logiques épistémiques spécifiques, liées aux conditions dans lesquelles ces collections ont été constituées. Les dynamiques collectives qui permettent l’accumulation d’objets, de matériaux, de textes, ou de données s’inscrivent dans des économies morales qui vont déterminer le statut, les circulations et les appropriations des savoirs produits à partir des collections.

Léa Saint Raymond, Valérie Gillet, Sovannara Mey et Paul Minvielle  - De l’objet d’étude à la collection : le « Faire collection » à l'EFEO (projet IHMC-EFEO)

Le projet cherche à identifier les diverses étapes qui sous-tendent les processus du « Faire collection » de chercheurs à l’EFEO dans la première moitié du XXe siècle. Trois collections conservées à l’EFEO ont été identifiées pour mener ce travail : une collection d’estampages chinois dont une partie a été produite et rassemblée par, entre autres, Édouard Chavannes et Paul Pelliot ; une collection de statuettes tibétaines, dont les principaux acteurs sont Jacques Bacot et Paul Pelliot à nouveau ; une collection de manuscrits de feuilles de palme, constituée en Inde sous l’impulsion de Jean Filliozat et de N.R. Bhat et conservée aujourd’hui au centre EFEO de Pondichéry. La communication comprendra quatre volets : l’exposition du contexte d’acquisition des objets au cours de la première moitié du XXe siècle, la présentation des enjeux théoriques, pratiques et méthodologiques d’un tel projet, l’exposition d’une sélection d’objets issus des collections étudiées, puis une présentation des premiers résultats de ce travail exploratoire.

Lieu : 
Grand Salon (1er étage)
Maison de l’Asie
22 avenue du Président Wilson
75016 Paris

Entrée libre, sans inscription. 

Séance d’ouverture
Vendredi 28 novembre 2025 de 14h à 17h

Stéphane Verger (EPHE - PSL), L’archéologie entre collections et contextes
Alice Lebreton (ENS - PSL), Collections vives et recherche à l’institut de biologie de l’ENS

La séance se poursuivra par un tour de table des projets des membres de l’équipe, de manière à dégager des axes de recherche communs et d’ouvrir à des collaborations.

Lieu : 
Salle Lettres 1 (2e étage, couloir CD)
ENS-PSL
45 rue d’Ulm
75005, Paris

Entrée libre, sans inscription.


Légende et crédit photo : Michèle Chabert au laboratoire de pharmacologie et biologie cellulaire de l'EPHE,
Centre de recherche des Cordeliers : une collection d'instruments disparue © Collection Michèle Chabert, EPHE-PSL, 2018